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Droit applicable

Conventions bilatérales de sécurité sociale et droit d'option du personnel local

Le salarié recruté sur place par une ambassade étrangère en France relève en principe de la sécurité sociale française. Certaines conventions bilatérales lui permettent d'opter pour le régime de l'État d'envoi, sous des conditions de nationalité et parfois dans un délai de quelques mois.

Un salarié d'ambassade peut-il rester au régime de son pays ?

Oui, mais seulement si la convention de sécurité sociale conclue entre la France et l'État d'envoi prévoit un droit d'option pour le personnel des postes diplomatiques et consulaires, et si le salarié remplit la condition de nationalité qu'elle fixe. Sans convention, ou avec une convention muette, le salarié local relève de la règle du lieu de travail, donc du régime français.

Ces conventions ne traitent en général pas des agents diplomatiques et consulaires de carrière, exclus de leur champ : leur situation relève des conventions de Vienne. Elles visent le personnel recruté sur place et, souvent, les travailleurs au service personnel des agents. Nous avons étudié la situation de quarante États et territoires à partir des textes publiés par le CLEISS ; la liste officielle des accords est tenue sur le site du CLEISS. Pour les États de l'Union européenne, de l'EEE, la Suisse et le Royaume-Uni, la question se pose autrement : voir la fiche sur les ambassades des États de l'Union.

Le tableau ci-dessous résume ce que nous avons lu. Les conditions sont abrégées : chaque page pays cite le texte exact.

Le détail

Six familles de conventions

Option du ressortissant de l'État d'envoi

Le cas le plus courant : Maroc, Tunisie, Sénégal, Mali, Gabon, Bénin, Argentine, Chili, Philippines, Côte d'Ivoire. Seul le salarié qui a la nationalité de l'État représenté peut opter. Les nuances comptent : la convention tunisienne répute français le binational franco-tunisien employé en France, alors que la convention argentine ouvre l'option au binational. D'autres textes ajoutent qu'il ne doit pas être « fixé définitivement » en France : Mauritanie, Niger, Togo, Madagascar, Israël, Monaco, Saint-Marin.

Option du salarié non français

Les conventions avec l'Algérie, la Turquie, le Cameroun, le Congo et le Cap-Vert posent une condition négative : l'option est ouverte pour autant que le salarié ne soit pas ressortissant de l'État accréditaire, ici la France. Le texte algérien, par exemple, n'exige pas expressément la nationalité algérienne. Un salarié local français ne peut jamais opter ; un ressortissant d'un pays tiers, en revanche, entre dans la lettre de ces textes.

L'option inversée franco-yougoslave

La convention franco-yougoslave du 5 janvier 1950, reprise par la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, la Macédoine du Nord et le Kosovo, inverse le mécanisme. Le ressortissant de l'État représenté non fixé définitivement en France reste soumis par défaut au régime de son pays. Il peut opter pour le régime français si « l'autorité suprême » de son pays y consent. La Serbie, elle, applique désormais son propre accord, sans option.

Pas d'option

Canada, Brésil, Serbie : les recrutés sur place relèvent expressément de la législation de l'État d'emploi. L'entente avec le Québec rattache au lieu de résidence la personne qui réside en France et travaille pour la Délégation générale. Andorre place le personnel administratif et technique sous le régime de l'État accréditant et les autres salariés sous celui du lieu de travail. Uruguay, Inde : aucune règle sur le personnel local, donc lieu de travail.

Le simple renvoi à Vienne

Plusieurs accords récents se contentent d'indiquer qu'ils n'affectent pas les conventions de Vienne de 1961 et 1963, puis règlent le sort des fonctionnaires envoyés. C'est le cas du Japon, de l'Inde et de l'Uruguay. Pour le salarié local, la règle générale de l'accord s'applique alors : la législation du lieu où il travaille, donc la France, sauf dérogation accordée d'un commun accord par les deux administrations.

États-Unis et Corée du Sud

Ces deux accords soumettent à la seule législation de l'État d'envoi ses ressortissants employés par leur gouvernement sur le territoire de l'autre État, sans distinguer selon le mode de recrutement. Un salarié local américain de l'ambassade des États-Unis pourrait donc relever du régime américain. Pour la Corée, le texte n'a été lu que par extraits, et pour les deux la portée exacte se vérifie avant d'établir la paie. Les salariés d'une autre nationalité suivent la règle du lieu de travail.

Fiche documentaire à jour au 10 septembre 2026. Elle décrit l'état des textes et de la jurisprudence tels que nous les lisons ; elle ne remplace pas une consultation sur votre situation. Les valeurs chiffrées renvoient à la page barèmes et valeurs.

Tableau des conventions étudiées

PaysTexteArticleOptionConditionsDélai
AlgérieConv. 1er oct. 19806 § 3OuiNon françaisNon lu
MarocConv. 22 oct. 20075 §§ 4-5OuiRessortissant marocain3 mois
TunisieConv. 26 juin 20035 §§ 4-5OuiRessortissant tunisien, binational exclu3 mois
TurquieConv. 20 janv. 19726 § 3Oui, une foisNon français6 mois
SénégalConv. 29 mars 19745 § 2 cOuiRessortissant sénégalaisPas de délai chiffré
MaliConv. 12 juin 19795 § 2 cOuiRessortissant malienAucun
MauritanieConv. 22 juil. 19654 § 1 bOuiNationalité, non fixé définitivementÀ tout moment
NigerConv. 28 mars 19735 § 2-3OuiNationalité, non fixé définitivementAucun
BéninConv. 6 nov. 19795 § 2 cOui, une foisRessortissant béninoisÀ tout moment
TogoConv. 7 déc. 19715 § 1 bOuiNationalité, non fixé définitivement3 mois
CamerounConv. 5 nov. 19905 § 2 cOui, une foisNon françaisÀ tout moment
CongoConv. 11 févr. 19875 § 1 cOui, une foisNon françaisÀ tout moment
GabonAccord 2 oct. 19805 § 2 cOuiRessortissant gabonaisAucun
Côte d'IvoireConv. 16 janv. 19855 § 2 cOui, une foisNon français, ivoirien ou ancien affiliéÀ tout moment
MadagascarConv. 8 mai 19674 § 1 bOuiNationalité, non fixé définitivementÀ tout moment
Cap-VertConv. 15 janv. 19806 § 3OuiNon françaisAucun
États-UnisAccord 2 mars 19878NonRessortissant employé par son gouvernement : État d'envoiSans objet
CanadaAccord 14 mars 20138 § 3NonRecruté sur place : FranceSans objet
QuébecEntente 17 déc. 200312 § 2NonLieu de résidenceSans objet
BrésilAccord 15 déc. 201111 § 2NonRecruté sur place : FranceSans objet
ArgentineConv. 22 sept. 20089 §§ 2-3OuiRessortissant argentin, même binational3 mois
ChiliConv. 25 juin 19998 § 3OuiRessortissant chilien6 mois
UruguayAccord 6 déc. 201011NonLieu de travailSans objet
JaponAccord 25 févr. 20058NonRenvoi à VienneSans objet
Corée du SudAccord 6 déc. 20047NonComme les États-UnisSans objet
IndeAccord 30 sept. 20089NonRenvoi à VienneSans objet
PhilippinesConv. 7 févr. 19907 § 3Oui, une foisRessortissant ou ancien affiliéÀ tout moment
IsraëlConv. 17 déc. 19654 § 1OuiNationalité, non fixé définitivement3 mois
ChineAccord 31 oct. 2016Non luNon en vigueurTexte non luSans objet
AndorreConv. 12 déc. 20004 §§ 4-5NonService et domestiques : FranceSans objet
MonacoConv. 28 févr. 19524OuiNationalité, non fixé définitivement6 mois
Saint-MarinConv. 12 juil. 19494OuiNationalité, non fixé définitivementAucun trouvé
SerbieAccord 6 nov. 20149NonRecruté sur place : FranceSans objet
Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Macédoine du Nord, KosovoConv. 5 janv. 19504Oui, inverséeRégime d'origine par défautÀ tout moment
Jersey, GuerneseyConv. 10 juil. 19569NonPays d'emploiSans objet

L'Australie n'a conclu aucun accord avec la France : son personnel local relève, comme celui des autres États sans texte, de la page consacrée aux États sans convention bilatérale. Pour les pays du Golfe, voir la page dédiée.

Ce que change une option exercée

Une option valablement exercée fait sortir le salarié du régime français pour les branches que couvre la convention, à la date d'effet fixée par l'arrangement administratif : la date du début d'emploi pour le Maroc et la Tunisie, la date de la demande pour la plupart des conventions africaines, le premier jour du mois suivant pour la Mauritanie, Madagascar et les États issus de la Yougoslavie. La mission cesse alors les cotisations françaises correspondantes et conserve dans le dossier le certificat délivré par l'institution, par exemple le formulaire SE 350-01 pour le Maroc ou SE 351-01 pour la Tunisie.

Trois points restent à vérifier au cas par cas. L'assurance chômage n'apparaît dans aucune des conventions lues, et les pages de France Travail ne traitent pas du salarié non affilié au régime français. L'adhésion AGIRC-ARRCO vise les « personnels affiliés au régime général », définition dans laquelle un salarié qui a opté n'entre plus. Enfin, l'option ne change rien à l'impôt sur le revenu. Nous vérifions ces trois points avec les organismes avant de modifier un bulletin, et nous refusons de traiter une option orale ou exercée hors délai sans certificat.

Questions fréquentes

Questions sur le droit d'option

Le délai d'option est dépassé : que se passe-t-il ?

Lorsque la convention fixe un délai, comme les 3 mois de la convention marocaine ou les 6 mois de la convention turque, le salarié qui n'a pas opté à temps reste au régime français. Certains arrangements, turc et togolais notamment, permettent aux autorités des deux pays d'autoriser d'un commun accord une option tardive, qui prend alors effet à la date de la demande. Cette dérogation n'est pas un droit : elle se demande et s'obtient par écrit.

Un salarié français peut-il opter pour le régime de l'État d'envoi ?

Dans les conventions que nous avons lues, non. Soit l'option est réservée aux ressortissants de l'État d'envoi, soit elle est refusée aux ressortissants français. Même le binational franco-tunisien est réputé français par la convention tunisienne. L'exception notable est l'accord franco-argentin, qui ouvre l'option au ressortissant argentin « y compris si l'intéressé a également la nationalité de l'Etat accréditaire ». Chaque dossier binational se vérifie donc sur le texte du pays concerné.

L'option vaut-elle pour les domestiques des diplomates ?

Souvent, oui. La plupart des conventions qui ouvrent une option visent, à côté des salariés des postes, les « travailleurs au service personnel d'agents de ces postes » : c'est le cas des textes algérien, marocain, tunisien, turc, sénégalais ou camerounais, entre autres. La convention chilienne étend l'option au personnel de service employé par les membres de la mission. Le texte nigérien, tel que nous l'avons lu, ne les mentionne pas expressément. Le domestique reste soumis aux mêmes conditions de nationalité et de délai que le personnel de la mission.

Qui choisit, le salarié ou la mission ?

Le salarié. Les textes lui donnent la faculté d'opter et organisent sa démarche auprès de l'institution compétente, l'employeur étant informé ou servant d'intermédiaire. La mission ne peut ni imposer l'option ni la refuser lorsque les conditions sont remplies. Elle a en revanche intérêt à informer clairement chaque nouveau salarié, par écrit, de l'existence d'une option et de son délai, pour qu'aucun choix ne soit fait par défaut ou par ignorance.

Pour aller plus loin

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Premier contact

Un salarié veut opter ?

Nous lisons la convention de votre pays, vérifions les conditions et le délai, puis ajustons la paie à la date d'effet. Réponse sous 24 h ouvrées.