Externalisation de la paie
Production complète des paies du personnel local, du recueil des variables à la DSN.
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Le bulletin d'un salarié recruté localement par une ambassade étrangère en France ressemble à celui de tout salarié du régime général, à quelques lignes près. Ce sont ces lignes, présentes, absentes ou mal justifiées, qui déclenchent les réclamations et les rejets.
Le bulletin d'un salarié local d'ambassade soumis au régime français porte les cotisations et contributions de droit commun du régime général, la contribution patronale d'assurance chômage, obligatoire depuis le 1er avril 2020, la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO si la mission y a adhéré, puis le net à payer. Aucune convention collective de branche ne vise les ambassades : le bulletin n'en cite donc aucune, sauf si la mission en applique une volontairement.
Le salarié qui reçoit son premier bulletin français après des années de fiches maison y cherche des repères. La cuisinière de la résidence veut savoir pourquoi son net baisse alors que son brut monte ; le comptable local demande à quoi correspond la ligne de retraite complémentaire que son ancien document n'avait pas. Le guide lire un bulletin de paie d'ambassade ligne par ligne leur répond. Cette page s'adresse à la mission qui les produit.
Plusieurs lignes d'un bulletin d'entreprise manquent sur celui d'une mission, ou n'y figurent qu'après vérification. La contribution salariale d'assurance chômage a été supprimée par la loi du 5 septembre 2018 ; elle a pourtant continué d'être prélevée sur certains salariés d'ambassades d'États tiers, traités comme expatriés, jusqu'à ce qu'une ordonnance du 21 août 2019 corrige le texte. Si un ancien bulletin la porte encore, il faut s'en inquiéter.
D'autres lignes relèvent de questions que personne n'a tranchées pour un État employeur : taxe sur les salaires, formation professionnelle, taxe d'apprentissage, versement mobilité, cotisation AGS, prévoyance des cadres, complémentaire santé obligatoire. Aucun texte que nous connaissions ne règle leur sort. Nous ne les ajoutons pas par habitude de logiciel et nous ne les retirons pas par commodité : la position de l'organisme se demande par écrit, et le bulletin suit la réponse.
Le détail
Une grille de mission est parfois fixée dans la capitale, en monnaie étrangère ou par référence à un barème interne, puis convertie. La conversion ne dispense pas du minimum : 12,31 € de l'heure depuis le 1er juin 2026, soit 1 867,02 € pour 35 heures. Une grille restée figée depuis janvier peut être passée sous le SMIC à la revalorisation de juin. Nous le signalons avant l'édition, avec le montant du rappel.
Le chauffeur de l'ambassadeur fait des journées longues et irrégulières : aéroport à l'aube, dîner officiel le soir. Son bulletin doit porter les heures supplémentaires majorées (25 % de la 36e à la 43e heure, 50 % au-delà à défaut d'accord) et la mission doit respecter les durées maximales. Un forfait mensuel ne vaut que s'il correspond aux heures réellement faites. Nous tenons un décompte avec la mission pour que le bulletin reflète la réalité des semaines.
Si la mission a adhéré à l'AGIRC-ARRCO, le bulletin porte les cotisations sur la tranche 1 (7,87 % appelé) et, au-delà du plafond, sur la tranche 2 (21,59 %), plus la contribution d'équilibre général (2,15 % puis 2,70 %). Si elle n'a pas adhéré, ces lignes n'existent pas et le bulletin ne doit pas les inventer. Nous expliquons alors à la mission ce que cette absence représente pour ses salariés.
Un arrêt maladie se traduit par une retenue, le maintien de salaire quand ses conditions sont remplies et, si la mission l'a choisie, la subrogation dans les indemnités journalières. Nous appliquons la règle retenue par écrit, la même pour tous, et nous rattachons chaque retenue au signalement d'arrêt transmis en DSN. Une retenue sans justificatif est la première ligne qu'un salarié conteste, et la plus difficile à défendre ensuite.
La ligne d'impôt sur le revenu dépend du mode de prélèvement confirmé pour la mission auprès du service des impôts compétent. Un salarié local français ou résident permanent reste imposable en France ; les exonérations des conventions de Vienne ne jouent pas pour lui. Nous faisons cette vérification à l'ouverture du dossier et la notons dans la fiche du salarié, pour qu'elle ne soit pas refaite à chaque changement d'administrateur.
Déroulement
Les bulletins partent d'abord en projet vers l'administrateur, avec la liste des variables prises en compte et les écarts avec le mois précédent. Il valide, corrige ou pose une question. Rien n'est remis aux salariés avant cette validation, et chaque correction reste tracée dans l'espace client. Une question posée à ce stade coûte moins cher qu'un bulletin rectifié le mois suivant.
Pour la capitale, chaque paie peut s'accompagner d'une note en anglais : rubriques traduites, cotisations regroupées par organisme, taux et assiettes, variations commentées. Un contrôleur financier qui ne lit pas le français doit comprendre pourquoi le coût employeur de la secrétaire a bougé en juin. La note garde le même plan chaque mois, ce qui permet de comparer les périodes entre elles.
Les bulletins sont remis sous la forme choisie par la mission. Le salarié qui ne comprend pas une ligne s'adresse à la mission, qui nous transmet la question ; nous rédigeons la réponse, qu'elle relit. Quand la question révèle une erreur, le bulletin est rectifié et la DSN suit. Les salariés ne reçoivent de nous aucune information que la mission n'a pas validée.
Chaque bulletin reste consultable dans l'espace client, avec la DSN du mois. Le jour où un ancien salarié demande un duplicata pour sa retraite, ou où France Travail réclame une attestation rectifiée, le document se retrouve en quelques minutes, sans fouiller les armoires de la chancellerie. Les bulletins des salariés sortis restent classés avec leur dossier, contrat et attestations compris.
Un salarié qui a exercé le droit d'option d'une convention bilatérale ne cotise plus au régime français pour son emploi à la mission : son bulletin ne porte ni cotisations de sécurité sociale française ni contribution d'assurance chômage, mais il doit rester un document complet et justifié. Plusieurs conventions ouvrent cette faculté au personnel des postes diplomatiques et consulaires. Le délai varie : 3 mois pour la convention franco-marocaine, 3 mois pour la franco-tunisienne, 6 mois pour la franco-turque ; d'autres textes permettent l'option à tout moment, mais une seule fois. Les conditions de nationalité varient aussi : un binational franco-tunisien employé en France est réputé français et ne peut pas opter.
Le bulletin d'un optant reste un bulletin de paie : employeur, emploi, période, salaire brut, éléments variables, net versé. À la place des cotisations françaises, nous faisons figurer une mention qui renvoie à l'option et à la pièce qui la prouve : le certificat d'assujettissement délivré par l'institution compétente (formulaire SE 350-01 pour le Maroc, SE 351-01 pour la Tunisie) ou l'attestation d'affiliation au régime de l'État d'envoi, selon la convention. Les cotisations dues à ce régime se règlent entre la mission et l'institution étrangère. Nous pouvons les faire apparaître pour information si la mission nous communique les taux, sans les calculer sur des règles que nous ne maîtrisons pas.
Deux questions se traitent à part. L'assurance chômage vise les salariés « soumis au régime français de sécurité sociale » ; la page de France Travail ne dit rien de l'optant, et nous soumettons son cas à la mission et à l'organisme plutôt que de trancher seuls. L'impôt, ensuite : l'option porte sur la sécurité sociale, pas sur l'impôt, dont le régime se détermine séparément.
Un droit d'option se perd souvent faute de preuve. Dix ans plus tard, personne ne retrouve le certificat, le salarié a changé de poste au sein de la mission, et un contrôle demande pourquoi aucune cotisation n'a été versée. Nous conservons dans son dossier la demande, sa date, le certificat et la date d'effet, et nous vérifions que l'option couvre bien l'emploi occupé. La liste des accords et de leurs délais figure sur la page conventions bilatérales et droit d'option. Pour les ambassades des États de l'Union européenne, l'ancienne option du règlement 1408/71 (3 mois, supprimé par le règlement 883/2004) ne joue plus : voir ambassades des États de l'Union.
Questions fréquentes
Non, en principe. Aucune convention collective de branche ne vise les ambassades et consulats, qui relèvent du code NAF 99.00Z. Le bulletin n'en mentionne donc aucune, et la DSN porte le code que la pratique réserve aux employeurs sans convention collective. Si la mission applique volontairement une convention, par le contrat ou par une décision écrite, le bulletin la cite et en applique les minima et les primes. Ce choix engage la mission pour l'avenir : nous en parlons avant de l'inscrire.
Nous établissons le bulletin en français, la langue des organismes et des juridictions qui auront à le lire. Rien n'empêche d'y joindre une note explicative en anglais, que nous produisons pour la mission et, si elle le souhaite, pour les salariés non francophones. Cette note n'a pas de valeur propre : en cas de doute, le bulletin français fait référence. Pour la capitale, des états de synthèse en anglais, par poste et par mois, sont en général plus utiles qu'une traduction ligne à ligne.
Parce que la mission n'a pas adhéré à l'AGIRC-ARRCO. Les ambassades et consulats étrangers sont hors du champ territorial du régime et n'y participent que par adhésion volontaire, pour la totalité de leurs personnels affiliés au régime général. Sans adhésion, pas de cotisations, donc pas de points. L'agent consulaire franco-marocain recruté en 2012 qui le découvre aujourd'hui ne récupérera pas ces années : l'adhésion ne valide aucun service antérieur à sa date d'effet. Le guide adhérer à l'AGIRC-ARRCO décrit la démarche.
Un agent envoyé par la capitale et exempté de la sécurité sociale française n'entre pas dans la paie française : sa rémunération est gérée par son administration, selon ses règles. S'il a choisi de participer volontairement au régime français, possibilité prévue par l'article 33 de la convention de 1961, son cas s'examine à part. Le risque est ailleurs : un membre du personnel administratif qui est français, ou résident permanent en France, n'a jamais été exempté, même s'il a été recruté par la capitale. Nous refaisons ce contrôle à chaque changement de situation.
Pour aller plus loin
Production complète des paies du personnel local, du recueil des variables à la DSN.
Voir la pageDSN mensuelles et événementielles, retours des organismes, anomalies traitées.
Voir la pageDes bulletins français expliqués, des états lisibles par la capitale.
Voir la pagePremier contact
Envoyez-nous un bulletin anonymisé pour chaque catégorie de personnel. Nous vous disons quelles lignes manquent, lesquelles sont en trop et ce qu'il faut demander par écrit aux organismes.