États de l'Union européenne et de l'EEE · personnel local en France
Ambassades et consulats des États de l'Union européenne en France : leurs salariés locaux
Pour les missions des vingt-six autres États membres et des trois États de l'EEE, il n'existe plus de règle « ambassade » en matière de sécurité sociale. Le règlement 883/2004 traite leurs salariés locaux comme tous les salariés qui travaillent en France.
Le salarié recruté en France par l'ambassade ou le consulat d'un autre État de l'Union européenne ou de l'EEE relève de la sécurité sociale française, y compris lorsqu'il a la nationalité de cet État. Le règlement 883/2004 ne prévoit aucun régime propre aux missions diplomatiques : son article 11 applique la législation du lieu de travail, sauf pour les fonctionnaires de l'État d'envoi et les salariés détachés.
Cette page réunit ce qui vaut pour toutes ces missions, de l'ambassade d'Allemagne à celle de la Norvège. Les États de l'EEE, Islande, Liechtenstein et Norvège, appliquent le règlement depuis le 1er juin 2012. La Suisse, liée par un accord distinct, a sa propre page, comme le Royaume-Uni depuis sa sortie de l'Union.
L'enjeu pratique est considérable, car ce sont ces États qui entretiennent en France les réseaux consulaires les plus étendus. D'après les sources officielles que nous avons consultées, l'Espagne compte dix consulats généraux, de Paris à Perpignan en passant par Bayonne, Pau et Toulouse. L'Italie en a cinq, dont Metz et Nice. Le Portugal dispose de cinq consulats généraux et d'un vice-consulat à Toulouse. L'Allemagne a une section consulaire à son ambassade et quatre consulats généraux, à Bordeaux, Lyon, Marseille et Strasbourg. La Belgique a des consulats généraux à Paris et Marseille, la Roumanie à Lyon, Marseille et Strasbourg, la Pologne à Lyon. Cette liste n'est pas exhaustive ; elle suffit à montrer que la question se pose bien au-delà de Paris.
Derrière ces postes, il y a des contrats locaux : agents d'état civil, secrétaires, chauffeurs, standardistes, enseignants rattachés à un service culturel. Beaucoup de ces salariés sont ressortissants de l'État qui les emploie. C'est précisément pour eux que la règle a changé en 2010, et c'est leur dossier qu'il faut relire en premier.
| Texte applicable | Règlement (CE) 883/2004, applicable depuis le 1er mai 2010 ; depuis le 1er juin 2012 pour l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège |
|---|---|
| Régime spécial des missions | Aucun : les mots « diplomatique », « consulaire » et « ambassade » ne figurent pas dans le règlement |
| Personnel recruté localement | Article 11, paragraphe 3, a) : législation de l'État d'activité, donc française, quelle que soit la nationalité |
| Exceptions | Fonctionnaires de l'État d'envoi (article 11, paragraphe 3, b), détachés (article 12), accords de dérogation (article 16) |
| Ancienne option | Article 16 du règlement 1408/71 : 3 mois, supprimé par le règlement 883/2004 après l'engagement, renouvelable chaque année ; supprimée |
| Accords article 16 sur le personnel des missions | Aucun trouvé ; aucune liste publique consultée |
| Source | CLEISS, titre II du règlement 883/2004 |
Lecture des textes publiés par le CLEISS et des sources officielles, à jour au 10 septembre 2026. Une option ne se décide jamais sur la foi d'un résumé : nous vérifions le texte et la position de l'organisme avant toute démarche.
Ce qui a disparu : l'option de l'article 16 du règlement 1408/71
Jusqu'au 30 avril 2010, le règlement 1408/71 consacrait un article aux « persons employed by diplomatic missions and consular posts ». Son paragraphe 1 posait la règle du lieu de travail, y compris pour les domestiques privés des agents. Son paragraphe 2 ouvrait une porte : « employed persons covered by paragraph 1 who are nationals of the Member State which is the accrediting or sending State may opt to be subject to the legislation of that State ». Le règlement d'application 574/72 (article 13) fixait le délai : trois mois après l'engagement, avec un renouvellement possible à la fin de chaque année civile, sans effet rétroactif.
Le règlement 883/2004, applicable depuis le 1er mai 2010, n'a pas repris cet article. Aucune disposition ne le remplace. Son article 87, paragraphe 8, a permis de maintenir pendant au plus dix ans une législation désignée sous l'ancien régime, tant que la situation restait inchangée : cette période a donc pris fin au plus tard le 30 avril 2020. Que ce mécanisme ait couvert les options du personnel des missions relève d'une interprétation, qu'aucun texte lu ne confirme expressément.
La conséquence, concrètement
Une secrétaire italienne recrutée en 2008 par le consulat général d'Italie à Lyon avait pu opter pour le régime italien. Aujourd'hui, sauf si elle est fonctionnaire de l'État italien au sens de l'article 11, paragraphe 3, b), elle relève de la législation française. Si sa paie n'a jamais été basculée, il y a une régularisation à conduire.
Les trois cas où la législation de l'État d'envoi s'applique encore
Le fonctionnaire de l'État d'envoi
L'article 11, paragraphe 3, b), dispose que « les fonctionnaires sont soumis à la législation de l'État membre dont relève l'administration qui les emploie ». Est fonctionnaire la personne considérée comme telle par l'État dont relève cette administration. Un contractuel local recruté sous droit français par un consulat n'entre pas, en principe, dans cette catégorie ; un agent statutaire envoyé de Madrid ou de Lisbonne, oui.
Le salarié détaché
L'article 12 permet à un salarié envoyé temporairement depuis l'État d'origine de conserver sa législation. Ce cas vise des personnes venues de l'étranger pour une mission limitée, pas le personnel recruté en France.
L'accord de dérogation
L'article 16, paragraphe 1, autorise deux États, ou leurs autorités compétentes, à prévoir d'un commun accord des dérogations, « dans l'intérêt de certaines personnes ou catégories de personnes ». Nous n'avons trouvé aucun accord de ce type entre la France et un autre État membre pour le personnel des ambassades. Nous n'avons pas pu consulter de liste publique de ces accords : ce point reste à vérifier auprès du CLEISS ou de la direction de la sécurité sociale pour chaque mission.
La paie d'un salarié local d'une mission européenne
Elle ne diffère pas de celle d'un salarié du régime général. La mission cotise en France, dépose ses DSN, affilie ses salariés à l'assurance chômage, obligatoire depuis le 1er avril 2020 pour le personnel d'ambassade et de consulat soumis au régime français. La retraite complémentaire exige une adhésion de la mission à l'AGIRC-ARRCO pour la totalité de ce personnel, sans validation des services passés (notre fiche). Le contrat relève de la loi française du lieu habituel de travail, au sens du règlement Rome I, pour ses dispositions impératives.
Pour les domestiques privés des diplomates européens, le règlement 883/2004 est muet, alors que l'ancien article 16 les visait. On revient aux conventions de Vienne : l'exemption de l'article 33 de 1961 ne joue que pour un domestique ni français ni résident permanent et couvert par un autre régime ; à défaut, le diplomate est employeur au sens du droit français (domestiques privés).
Pour l'analyse juridique complète, voir notre fiche sur les ambassades des États de l'Union.
Réseau en France
Postes consulaires de carrière relevés
Relevé au 10 septembre 2026, à partir des sites officiels des États et de l'annuaire du ministère des Affaires étrangères. L'ambassade, à Paris, n'est pas reprise ici quand elle n'a pas de section consulaire distincte.
| État | Ville | Type de poste |
|---|---|---|
| Portugal | Paris | Consulat général |
| Portugal | Marseille | Consulat général |
| Portugal | Lyon | Consulat général |
| Portugal | Strasbourg | Consulat général |
| Portugal | Bordeaux | Consulat général |
| Portugal | Toulouse | Vice-consulat |
| Espagne | Paris | Consulat général |
| Espagne | Marseille | Consulat général |
| Espagne | Lyon | Consulat général |
| Espagne | Strasbourg | Consulat général |
| Espagne | Bordeaux | Consulat général |
| Espagne | Pau | Consulat général |
| Espagne | Bayonne | Consulat général |
| Espagne | Toulouse | Consulat général |
| Espagne | Montpellier | Consulat général |
| Espagne | Perpignan | Consulat général |
| Italie | Paris | Consulat général |
| Italie | Marseille | Consulat général |
| Italie | Nice | Consulat général |
| Italie | Lyon | Consulat général |
| Italie | Metz | Consulat général |
| Allemagne | Paris | Section consulaire de l'ambassade |
| Allemagne | Marseille | Consulat général |
| Allemagne | Lyon | Consulat général |
| Allemagne | Strasbourg | Consulat général |
| Allemagne | Bordeaux | Consulat général |
| Belgique | Paris | Consulat général |
| Belgique | Marseille | Consulat général |
| Roumanie | Marseille | Consulat général |
| Roumanie | Lyon | Consulat général |
| Roumanie | Strasbourg | Consulat général |
| Pologne | Lyon | Consulat général |
Questions fréquentes
Vos questions sur le personnel local : États de l'Union européenne et de l'EEE
Un Espagnol recruté par le consulat général d'Espagne à Bordeaux peut-il cotiser en Espagne ?
Pas par une option, puisque le règlement 883/2004 n'en prévoit plus pour le personnel des missions. Il relève de la législation française, lieu de son activité, sauf s'il est fonctionnaire de l'État espagnol au sens de l'article 11, paragraphe 3, b), s'il est détaché depuis l'Espagne au sens de l'article 12, ou si un accord de dérogation de l'article 16 le vise, ce que nous n'avons trouvé pour aucun État.
Une option exercée avant 2010 est-elle encore valable ?
Selon notre lecture de l'article 87, paragraphe 8, du règlement 883/2004, une législation désignée sous l'ancien régime ne pouvait être maintenue que tant que la situation restait inchangée, et au plus dix ans à compter du 1er mai 2010, soit jusqu'au 30 avril 2020. Aucun texte lu n'applique expressément cette règle aux options du personnel des missions. Une paie encore gérée sur la base d'une option ancienne mérite donc un examen.
Les instituts culturels des États membres suivent-ils la même règle ?
Le règlement 883/2004 ne distingue pas selon la nature de l'employeur : la personne qui exerce une activité salariée en France relève de la législation française, sauf fonctionnaire de l'État d'envoi ou détaché. Un institut constitué sous forme d'association ou de société de droit français est en outre un employeur français ordinaire. Voir notre page sur les instituts et centres culturels.
Qui est « fonctionnaire » au sens du règlement ?
L'article 11, paragraphe 3, b), soumet les fonctionnaires à la législation de l'État membre dont relève l'administration qui les emploie. La qualité de fonctionnaire s'apprécie au regard de cet État : c'est son droit qui dit si la personne a ce statut. Un contrat de droit local signé en France avec un salarié recruté sur place ne suffit pas à en faire un fonctionnaire. En cas de doute, nous demandons à la mission l'acte de nomination.
Cette page décrit l'état du droit applicable au personnel recruté en France. Ambassades Paies n'est ni mandaté par la mission de cet État ni rattaché à elle.
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