Audit social et de paie
Diagnostic de conformité du personnel local, chiffrage du risque, plan d'action.
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Un chef de mission qui prend son poste hérite de contrats, d'affiliations et de litiges qu'il n'a pas choisis. Un état des lieux social, en français et en anglais, lui dit dès les premiers mois ce qui est en ordre et ce qui ne l'est pas.
À l'arrivée d'un nouvel ambassadeur ou d'un nouveau consul général dans une mission étrangère en France, un état des lieux social permet de savoir, avant de signer quoi que ce soit, quels salariés relèvent du droit français, ce qui a été déclaré, ce qui a été promis et quels litiges couvent. L'employeur reste l'État, mais c'est le nouveau chef de mission qui signera les prochains contrats, les ruptures et les réponses aux organismes.
La rotation diplomatique crée un angle mort. Le prédécesseur connaissait l'histoire : pourquoi le chauffeur est payé au-dessus de la grille, pourquoi une salariée n'est déclarée que depuis 2015, pourquoi le comptable local n'a jamais eu de complémentaire. Rien de cela n'est écrit. Le nouveau chef de mission arrive avec des priorités politiques et un agenda chargé, et la paie n'est pas en tête de liste. Elle le devient le jour où un salarié de la résidence réclame ses heures supplémentaires, ou où une salariée proche de la retraite demande pourquoi son relevé est vide.
Le bon moment se situe dans les deux ou trois premiers mois : assez tôt pour que le constat porte clairement sur la période antérieure, assez tard pour que le chef de mission ait pris ses repères. Les corrections décidées ensuite sont les siennes, et il peut les présenter à sa capitale comme telles, pièces à l'appui. La même démarche vaut à l'arrivée d'un nouvel administrateur ou d'un nouveau chef de chancellerie.
Le détail
Pour chaque personne payée par la mission : catégorie au sens des conventions de Vienne, nationalité, résidence permanente ou non au moment de l'embauche, régime de sécurité sociale appliqué. L'exemption de Vienne est personnelle : un agent envoyé par la capitale en bénéficie, un salarié français ou résident permanent en France non. Les erreurs de classement sont fréquentes, et ce sont celles qui coûtent le plus cher avec le temps.
Certaines conventions bilatérales ouvrent un droit d'option pour le régime de l'État d'envoi, dans un délai strict, par exemple 3 mois pour la convention franco-marocaine. Nous vérifions que l'option a été exercée à temps et que la preuve existe. Puis viennent les affiliations de la mission : compte employeur, assurance chômage obligatoire depuis le 1er avril 2020, adhésion AGIRC-ARRCO ou absence d'adhésion, couverture santé et prévoyance.
Contrats écrits ou non, en français ou non, loi choisie, règlement du personnel local, avenants, primes versées par habitude. Un règlement interne n'écarte pas à lui seul le droit français : la Cour de cassation l'a jugé le 13 janvier 2021 (n° 19-17.157) pour le statut du personnel d'une organisation internationale, et le raisonnement se transpose par analogie. Les usages non écrits, comme un treizième mois versé depuis dix ans, sont repérés et chiffrés.
Heures supplémentaires impayées d'un chauffeur, salarié écarté sans procédure, élus du personnel issus d'un protocole électoral signé par un prédécesseur, réclamation en cours auprès d'un organisme. Depuis la décision du Conseil d'État du 9 décembre 2022 (n° 433766), une mission qui a clairement choisi d'appliquer les règles collectives du code du travail en est tenue ensuite (représentation du personnel). Nous listons ces risques et signalons ceux qui relèvent d'un avocat.
Déroulement
Un échange avec le chef de mission ou son adjoint pour comprendre ce que la mission veut savoir, ce que la capitale attend et qui sera notre interlocuteur au quotidien. Nous précisons ce que nous regardons et ce que nous ne regardons pas : nous ne sommes ni commissaires aux comptes, ni avocats, ni experts-comptables.
Contrats, bulletins, DSN, courriers des organismes, relevés de virement, notes internes, protocoles signés avec des représentants du personnel. Nous travaillons sur copie, dans les locaux de la mission si elle le préfère, et nous rencontrons la personne qui fait la paie aujourd'hui, souvent la mieux informée.
Un tableau par salarié, classé par niveau de risque, et une note de synthèse dans les deux langues, que le chef de mission peut transmettre telle quelle à sa capitale. Chaque constat renvoie à sa source et à une action possible, avec son ordre de priorité.
La mission choisit ce qu'elle corrige, dans quel ordre et à quel rythme. Nous pouvons ensuite prendre en charge la paie courante et les régularisations, ou laisser la mission poursuivre avec son organisation actuelle, en lui laissant la note comme document de référence.
La résidence est l'endroit où les situations se mélangent le plus. Une cuisinière, un maître d'hôtel ou un jardinier peuvent être employés par la mission, comme personnel de service, ou par l'ambassadeur à titre personnel, comme domestiques privés. La convention de Vienne de 1961 distingue les deux, et la différence change tout. Dans le premier cas, l'employeur est l'État et le contrat se poursuit à l'arrivée du successeur. Dans le second, l'employeur était le prédécesseur lui-même, et rien n'indique que son contrat passe à celui qui le remplace : la fin du premier contrat se règle en droit français, et un nouvel engagement suppose un nouveau contrat et les démarches exigées par le Protocole pour le personnel privé.
Il arrive qu'un domestique privé reste au service de la résidence après le départ de son employeur sans que personne ait tranché qui l'emploie désormais. C'est le point à régler en premier, avant même les cotisations. Voir domestiques privés des diplomates et résidences et personnel de service.
Un salarié dont les fonctions ne relèvent pas de la puissance publique peut saisir le juge contre l'État employeur ; la Cour de cassation l'a admis pour la secrétaire de l'ambassadeur du Ghana (Cass. soc. 27 novembre 2019, n° 18-13.790). Même quand une condamnation se recouvre mal, parce que les comptes de la mission sont protégés par l'immunité d'exécution, le litige laisse une trace auprès des autres salariés, du Protocole et de la capitale. Le chef de mission qui a fait son état des lieux dispose d'un document daté qui montre ce qu'il a trouvé et ce qu'il a décidé.
La note bilingue sert aussi à la capitale : un ministère qui reçoit une demande de crédits pour régulariser des cotisations anciennes comprend mieux une situation décrite pièce par pièce qu'une alerte générale. Elle permet enfin de vérifier les options exercées au titre des conventions bilatérales, point souvent oublié parce que les délais sont courts et les formulaires anciens. Pour la méthode complète, voir l'audit social et de paie.
Questions fréquentes
L'employeur du personnel de la mission est en principe l'État accréditant, pas la personne du chef de mission : les obligations nées avant son arrivée restent celles de l'État. En pratique, c'est pourtant le nouveau chef de mission qui devra répondre aux salariés, aux organismes et à sa capitale. La situation diffère pour les domestiques privés, employés à titre personnel par un diplomate : là, l'employeur est bien la personne. Pour toute question de responsabilité personnelle, l'avis d'un avocat s'impose.
Non, c'est un document interne remis au chef de mission et, s'il le décide, à sa capitale. Les salariés sont informés ensuite des mesures qui les concernent : une régularisation, une adhésion, un nouveau contrat. Nous conseillons une information individuelle et écrite, en termes simples, plutôt qu'une annonce générale qui inquiète tout le monde sans rien expliquer. Si des élus du personnel existent, la façon de les associer se prépare en amont.
Ce qui existe : la liste des personnes payées par la mission, leurs contrats et avenants, les bulletins ou relevés de paiement des derniers mois, les dernières DSN, les courriers reçus des organismes, les règlements du personnel et les protocoles signés avec des représentants des salariés. Si des pièces manquent, nous le notons comme un constat. L'état des lieux se fait avec ce que la mission a, pas avec ce qu'elle devrait avoir.
Nous la rédigeons en français, parce que les constats renvoient à des textes et à des organismes français, et nous en fournissons une version anglaise complète, pas un résumé. Le chef de mission et sa capitale lisent l'anglais ; l'administrateur local et, le cas échéant, l'avocat de la mission lisent le français. Les deux versions portent la même date et les mêmes numéros de constats, pour qu'on passe de l'une à l'autre en réunion.
Pour aller plus loin
Diagnostic de conformité du personnel local, chiffrage du risque, plan d'action.
Voir la pageChauffeurs, cuisiniers, maîtres d'hôtel et agents d'entretien de la mission.
Voir la pageChangement de prestataire ou départ de l'agent comptable, sans rupture de paie.
Voir la pagePremier contact
Indiquez-nous la date d'arrivée du nouveau chef de mission. Nous vous répondons sous 24 h ouvrées avec la liste des pièces à réunir.